Concerts 2007
Un Stabat Mater de Pergolèse différent...
Jean-Marc Andrieu est un musicien intègre qui ne cède pas à la facilité. Sur le seul titre du Stabat Mater de Pergolèse, il pouvait céder à la jouissance doloriste en ne se préoccupant que de splendeur vocale. Cela aurait largement suffi à en ravir plus d'un. Mais ce soir, son propos était fort différent. Choisissant ses chanteurs avec soin, il a obtenu d'eux une musicalité rare fait de discrétion et d'intimité.
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Hubert Stoecklin, resmusica.com, 15 décembre 2007
Du bon usage du baroque
Il est des versions du Stabat plus langoureuses que celle entendue ce soir là ; elle nous a donné l'impression d'un très juste équilibre entre le dramatisme et l'effusion, et d'un souci de la mesure où le pathos ne naît pas d'exubérances mais de concentration. C'est le défi à affronter pour des œuvres que l'étiquette baroque risque de livrer à des débordements rythmiques et sonores. Jean-Marc Andrieu et ses musiciens ont été dans cette version parfaitement en accord avec la devise de Geminiani d'où l'ensemble tire son nom et avec l'esprit du texte pour lequel la musique a été conçue. D'où cette impression de sobriété peut-être frustrante pour qui aurait souhaité plus de folie mais qui nous a ravi, jusque dans le jeu sans afféterie et sans esbroufe d'instrumentistes alliant précision, dynamisme et suavité.
Maurice Salles, www.forumopera.com, décembre 2007
Le paradis du baroque
Rien ne donne plus d'éclat à une femme que le chant. Surdouée, souriante, mutine et charmante, Isabelle Poulenard plonge le public de la cathédrale dans le paradis du baroque. Elle sait tout faire, réjouir et émouvoir. Ses arias, recitativos et ses ritornelli sont comme de jolis papillons qui virevoltent et effleurent avec délicatesse, laissant une sensation de plénitude. Les titres sont tous évocateurs, « Con voce festiva », « Il giardino d'amore », « Moi tresoro », « La Fenice », « Su le sponde del Tebro ». Parfois un arioso d'une douceur extrême joue sur la nostalgie d'une époque de lumière. Mais, bien vite, la joute oratoire de la voix de la soprano et de la trompette baroque de Serge Tizac pétille comme une bulle de champagne. Concerto en La mineur poétique et léger avec « Cloria mia, Clori bella » combinant de manière séduisante le velouté de la flûte à bec de Jean-Marc Andrieu et le timbre cristallin d'Isabelle Poulenard ; ou encore l'œuvre « A battaglia » magnifiquement enjoué. Ce concert est comme un jeu de piste vers le bonheur, aussi attachant qu'une histoire d'amour. C'est une ode à la simplicité, à la finesse et à la magie des instruments et de la voix.
Michel Décla, Sud Ouest, mercredi 13 juin 2007
Purcell maître des émotions à l'abbaye-école de SorèzeJean-Marc Andrieu a su, comme toujours, s'entourer de fins musiciens avec qui il partage une grande complicité. Ils sont tous magnifiques et ont eu leurs moments de mise en lumière. Pourtant s'il en est un qu'il faut distinguer tout particulièrement c'est Étienne Mangot à la basse de viole. On sait l'importance de la basse en musique baroque, et quand on écoute et regarde ce jeune musicien la leçon est évidente. Il anticipe et soutient à la fois tous les autres et certaines de ses attaques sont stupéfiantes de force et de précision comme un coup de tonnerre vivifiant. Voilà un musicien étonnant qui semble promis à une grande carrière.
L'humour est encore une qualité rare que ces musiciens partagent avec des regards entendus. L'air de rien, avec sa petite flûte, Jean-Marc Andrieu est un véritable pitre. Il nous a lancé un Scotch Tune inénarrable. [...] Le charme personnel, l'esprit enjoué et l'œil malicieux d'Isabelle Poulenard ont fait merveille dans des airs. Sa voix de soprano fraîche, agile et pure est un enchantement. [...] Le timbre si prenant de Guillemette Laurens a encore gagné en métal rare et en puissance d'évocation. Véritable mezzo dramatique, elle a joué constamment pendant qu'elle chantait comme si la tragédie l'habitait et réclamait la scène. [...] Les spectateurs et les musicien eux-mêmes sont tombés dans les filets de cette magicienne qui allie le bien dire et le bien chanter.
Hubert Stoecklin, resmusica.com, juillet 2007
L'héritage Buxtehude
Le quatuor vocal - Anne Magouët (soprano), Jean-Louis Comoretto (alto), Sébastien Obrecht (ténor) et Stephan Imboden (basse) -, parfaitement équilibré, est de toute beauté et permet d'apprécier les admirables contrepoints de Buxtehude et Busbetzky. [...] Dans la cantate Mein Freund ist mein de Georg Böhm, le quatuor vocal et l'ensemble instrumental s'élancent, dès le fugato d'entrée, dans un dialogue exaltant et poursuivent ainsi sans hésitation ni pathos. Cet esprit de communion est plus palpable encore dans la fabuleuse cantate Die Zeit Meines Abschieds ist vorhanden de Nikolaus Bruhns où le texte, tragique, est rendu avec une joie sereine.
Jérémie Szpirglas, Le Monde de la musique, juin 2007
Buxtehude à Toulouse
Elle [cantate de Bruhns] brille par son expressivité mise en valeur par les musiciens des Passions, entraînés par le premier violon Flavio Losco et soutenus par le continuo précis et toujours poétique de Yasuko Bouvard à l'orgue et du violone Jean-Paul Talvard. Dans le Mein Freund ist mein de Georg Böhm, les quatre chanteurs confirment dans leurs solos les qualités vocales qui se décelaient dans leurs ensembles très équilibrés.
François Andremare, La Lettre du Musicien, mai 2007
Le retour des cantates
Ce travail de restauration a abouti au concert événement de mardi soir. Le public a ainsi découvert trois pièces joyeuses, vives, enjouées. Trois cantates profanes dont l'importante partie vocale repose sur Jean-Manuel Candenot. Le baryton basse narre, parfois avec humour, des histoires délicieusement désuètes. Trois cantates que le public a consommées sans modération.
Bruno Vincens, l'Humanité, 2 février 2007
Cantates baroques pour les abonnés
La soirée affichait trois cantates profanes du XVIII°siècle évoquant l'amour et Bacchus. Des œuvres oubliées que le baryton-basse Jean-Manuel Candenot a fait revivre avec style, émotion et, parfois, humour.
Anne-Marie Chouchan, La Dépêche du Midi, 31 janvier 2007
Résurrections musicales
Jean-Marc Andrieu, le directeur musical de l'ensemble Les Passions, a eu la bonne idée d'en extraire trois, parmi les anonymes les plus originales, afin d'en offrir la primeur au public de la ville rose. Résurrection émouvante de partitions oubliées qui ne manquent ni de qualités, ni d'originalité.(...)Le baryton-basse Jean-Manuel Candenot assume avec panache la partie vocale. Voix sombre splendidement timbrée, sens absolu de la déclamation pour laquelle il se réfère à la prononciation d'époque telle qu'elle est pratiquée notamment par l'acteur Benjamin Lazar, déjà présent en ce même lieu. Un vrai régal.
Serge Chauzy, www.classictoulouse.com, 31 janvier 2007
